Road Trip sur-mesure Ouest Américain
Nadjet, Travel Planner

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Je vous propose de me suivre dans mes voyages autour du Monde...

Zion National Park : Angel's Landing

En route pour Angel's Landing

La nuit se passe bien, nous nous sentons dans un vrai cocon dans notre van Ellie-Rose. Nous y avons notre routine, nos habitudes, un peu comme dans son chez soi 🙂

Nous plions bagages assez tôt car nous voulons attraper la première navette pour débuter la randonnée le plus tôt possible et revenir avant 11h au camping (heure à laquelle notre réservation se termine) et prendre une douche.

Nous n’aurons pas la première navette mais la seconde car nous loupons le croisement d’où les navettes démarrent. Il fait encore nuit et nous n’arrivons pas à nous repérer tout de suite. Nous finissons par nous garer à quelques mètres de l’arrêt de bus et attendons avec d’autres randonneurs.

Le bus nous dépose à l’arrêt « Grotto » d’où débute la rando. J’avoue être un peu tendue. Je m’inquiète quant au niveau de difficulté même si le couple rencontré la veille m’a rassurée, je me dis que je n’ai pas forcément le niveau. Je ne m’inquiète absolument pas pour le potentiel vertige…

Nous commençons la montée. Le chemin est très large et très bien aménagé, en ce sens c’est en effet très accessible. Le parcours est une succession de zones très pentues, un peu moins raides et plates (moins nombreuses).

Pour commencer, ça monte relativement bien et en continu pendant environ 1h. David grimpe si facilement, et je suis derrière à me dire « un pas en moins à faire, un autre de moins à faire… ». J’ai honte de mon niveau, mais j’arrive à suivre.

La montée se fait plus raide à certains endroits. Nous faisons de courtes pauses pour admirer le panorama derrière nous. Il y a un flux constant de randonneurs, de différents niveaux.

 
Voyage sur-mesure Ouest Américain
Ceux que tu aperçois une fois quand ils te dépassent et qui disparaissent à jamais à l’horizon… ils ne transpirent pas, ne sourient pas, marchent comme s’ils étaient à plat et qui te donnent l’impression qu’ils s’ennuieraient presque…

Ceux qui ont un niveau similaire au tien. Tu les dépasses en étant fier… puis au bout de 10m tu craches tes poumons et ils repassent devant toi…alors tu fais un petit rictus du genre « allez, vas-y si ça te fait plaisir je te laisse passer, mais quand j’aurai retrouvé mon second souffle, je te passerai devant sans pitié…). Et ainsi de suite jusqu’à l’arrivée au sommet.

Puis il y a ceux qui se dépassent totalement. Que tu admires davantage que les randonneurs professionnels. Ceux qui ont le double de ton âge, de ton poids, qui portent des enfants sur le dos, qui marchent avec une canne… Comment ne pas admirer ces gens qui montent parfois même avec le sourire, à leur rythme, sans se mettre la pression, juste pour le plaisir de se dépasser (bon le plaisir est parfois caché derrière de grosses gouttes de sueur et un visage rouge écarlate, mais je n’ai rien à leur envier à ce niveau là !).

A part quelques exceptions, on peut le dire, tout le monde monte un peu dans la douleur mais en sachant qu’il y aura une belle récompense en haut.

Les passages dans le canyon sont reposants, précieux, agréables. Je les apprécie à leur juste valeur… mais ils mènent à la partie la plus difficile de la marche. Enfin, ça c’est ce que je croyais au début.

Les choses sérieuses arrivent...

Une fois le canyon traversé, nous arrivons à ce que je vais qualifier de « la montée de malade mental ». Une succession de virages qui montent quasiment à pic (j’exagère à peine). Là je suis vraiment dans le mal et je ne suis pas la seule. Grosse admiration pour mon David qui monte malgré sa maladie sans aucune difficulté. Je ne le savais pas à cette époque car il me l’a caché pour me préserver, mais il était en pleine poussée de sclérose en plaques pendant notre voyage… cela veut dire que ses jambes étaient engourdies pendant les marches, quand il conduisait, quand il dormait… et pourtant, je le vois monter ces p*tain de virages comme s’il les descendait… et moi, derrière à me demander ce que je fous là !

La fameuse montée « de malade mental ». Une 20aine de virages successifs

Je ne sais plus combien de virages il y a, j’ai cherché mais n’ai pas trouvé l’info. J’ai eu l’impression qu’il y en avait 500. Peut-être une 20 aine ? Difficile à dire. Mais ils sont vraiment épuisants ! Toutefois, tout le monde se croise en riant de la situation (un rire jaune malgré tout).

Nous venons à bout de ces virages interminables et atteignons une zone plate où 3 choix s’offrent à nous : poursuivre jusqu’à Angel’s Landing, poursuivre jusqu’à Observation Point ou s’arrêter là.

Angel's Landing Trail

Quand le vertige débarque

Nous continuons vers Angel’s Landing. La suite de la randonnée est très différente. Il s’agit de grimper grâce à une chaîne plantée sur des piquets. De chaque côté de la chaîne c’est la falaise et le vide. Ce jour là, le sol est particulièrement glissant et sablonneux. Nous commençons l’ascension et là… je me rends compte qu’en fait j’ai une peur panique du vide ! Nous sommes suivis par les autres randonneurs, en file indienne. Difficile de prendre son temps. Je vois David monter sans aucune crainte. En ce qui me concerne chaque pas est un défi ! Je dois faire 20 mètres à peine et ne peux plus bouger. Je n’arrive plus à m’enlever de la tête l’image d’une chute. Je commence donc à paniquer sérieusement et dis à David que je ne peux pas aller plus loin. Je suis totalement paralysée et commence à avoir du mal à respirer. Je me mets à pleurer en m’agrippant à la chaîne.

David redescend et m’aide à repartir dans l’autre sens. Ce qui est compliqué est que je dois donc croiser les gens qui montent. Heureusement que nous sommes encore tôt dans la matinée et que le nombre de personnes sur place est encore raisonnable.

Je m’excuse mille fois entre 2 sanglots auprès des personnes qui montent. La quasi totalité me rassure en me disant que cela n’est pas grave. D’autres (en fait un seul homme en particulier) sont extrêmement agacés et s’énervent contre moi et d’autres randonneurs qui ralentissent le rythme. J’arrive à me trouver un spot où je peux me caler le temps de laisser passer un groupe de personnes, dont ce charmant monsieur.

Une famille (une maman et ses 3 adolescents) s’arrête également et s’interroge sur la suite de la randonnée.

Je finis par descendre sur la zone plate et m’installe sur un rocher bien stable, loin du bord, en sécurité. Je décide de ne plus bouger de ma vie entière ! Mes jambes tremblent encore et il me faut un moment avant de retrouver mon souffle.

Les chipmunks s’installent autour de moi. D’autres randonneurs sont assis et grignotent des barres de céréales et autres fruits secs (autant dire que les petits écureuils sont au taquet !). Je reprends mes esprits et discute un long moment avec une mamie américaine adorable qui a vécu partout dans le monde. Elle me parle de son enfance et nous parlons de l’attitude parfois déplacés des touristes américains à l’étranger. Je lui explique que selon moi, tout touriste a une attitude déplacée à l’étranger, quelle que soit sa nationalité, être touriste ça s’apprend…

Je pense avoir attendu David (en espérant que tout aille bien) pendant 1h30 environ. Pendant cette attente, un couple suisse est venu discuter avec nous. Ils expliquaient avoir essayé de monter jusqu’à la fin de la randonnée mais le nombre important de marcheurs les a découragés. En effet, au fur et à mesure que la matinée passe, le parc est envahi ! Ce qu’il faut savoir sur la rando Angel’s Landing c’est qu’il s’agit d’un aller/retour. Les randonneurs se croisent donc dans la montée, le long de la chaîne. Cela rend la montée et la descente d’autant plus périlleuses.

Je vois enfin David redescendre, un sourire jusqu’aux oreilles. Il est comme un enfant, tellement fier d’être allé jusqu’au bout. Je dois avouer que je suis admirative ! Il m’explique comment s’est déroulée la balade, me confirme que je n’aurais pas pu continuer en ayant le vertige. Il me parle de passages escarpés, de points de vue sublimes, d’un court passage sans chaîne…Une difficulté récompensée par le panorama de l’arrivée, incomparable à ce qu’il a pu voir jusqu’ici. Il me montre quelques photos et nous reprenons la route vers le point de départ.

La beauté d'Angel's Landing

La descente est tellement agréable 😀 pouvoir admirer la vue sans souffrir et cracher ses poumons. Encourager les marcheurs qui montent. Là, je me sens davantage dans mon élément 😉

Voyage sur-mesure Ouest Américain
Une fois en bas, nous reprenons le bus direction la voiture, et la voiture direction le camping. Il est 10h environ. Nous avons le temps de prendre une douche NECESSAIRE.

Les douches du camping sont absolument parfaites ! Limitées à 6 minutes (largement suffisant, même bien trop long quand on y pense). Nous partageons nos 6 minutes en deux. Puis nous repartons direction la route panoramique prise au début puisque nous nous dirigeons maintenant vers Page et son fameux Antelope Canyon, Lake Powell, Horseshoe Bend…et une surprise et son très mauvais temps !

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