Mojave Desert : un souvenir impérissable

Notre passage dans le Désert de Mojave nous a laissé un souvenir impérissable. Nous avons vécu un moment plutôt effrayant et qui a mis nos nerfs à rude épreuve.

Les premiers kilomètres se déroulent sans encombre, nous sommes heureux, là au milieu de nulle part, seuls. Nous traversons des paysages lunaires. Nous roulons plus d’une heure, sans jamais croiser personne. C’est à la fois agréable, à la fois inquiétant.

   

Nous plaisantons sur le fait que si nous tombons en panne, nous sommes dans la mouise, ou que si au bout de la route on tombe sur un panneau « route barrée » on serait bien embêté… peut-être aurions-nous du nous taire !

Après 2 heures de route, nous apercevons une lueur vraiment étrange au loin. Une lumière très puissante qui nous inquiète légèrement. Quand on se retrouve au milieu du désert, non loin de la zone 51, on se fait rapidement des films. Nous n’avons pas assez de réseau pour regarder sur Internet mais j’arrive à repérer où nous sommes sur Google Map et repère la centrale solaire d’Ivanpah. Celle-ci reflète les rayons du soleil grâce à des milliers de miroirs.

Nous continuons d’avancer et là…la plaisanterie devient concrète ! « Route barrée » !!! Nous avons du mal à y croire. Impossible de faire demi-tour, nous avons trop roulé et n’avons plus assez d’essence. Nous ne voulons pas passer au delà des panneaux de peur de se retrouver bloqués encore plus loin, ou de se faire arrêter près de la centrale. Nous repérons un « chemin » de service qui longe une voie ferrée. Sur Google Map celle-ci rejoint la route principale à plusieurs kilomètres de là. Nous sommes très inquiets à l’idée d’emprunter ce chemin qui est très peu praticable, mais nous n’avons pas vraiment le choix. David démarre donc et nous voilà partis pour 1h d’angoisse au milieu de nulle part, à longer une voie ferrée et à prier pour que la voiture tienne le coup.

Je dois sortir du van à plusieurs reprises pour déplacer des cailloux et guider David. Tout au long du chemin nous devons franchir des obstacles, descendre et grimper des pentes abruptes, le tout avec un véhicule qui n’est pas du tout adapté, mais qui tiendra le coup.

J’ai rarement vu David aussi stressé. Je tente de détendre l’atmosphère mais moi aussi, je n’en mène pas large.

Il assure ! Il évite les trous et nous finissons par atteindre une zone plus stable, pour notre plus grand soulagement ! Nous croiserons même un van garé sur le côté du chemin. Un homme à l’intérieur, entouré d’antennes et d’ordinateurs. Il nous fait penser à un chasseur d’OVNI. Il nous salue, nous lui rendons son geste et essuyons les goutes de sueur sur notre front.

Nous voici enfin sur du bitume. Direction Vegas que nous allons détester !